Cette saison, même si les apparences sont sauves (seulement trois déplacements manqués et un grand chelem à domicile – ce qui ne m'était jamais arrivé !), sera probablement un tournant pour moi. Bien sûr, il y a eu de grands moments à l'extérieur, des victoires bandantes (à Bordeaux), des victoires sur le fil (Nice), des déplacements longue durée et hauts en couleurs, des chants, de l'amitié, des rencontres... Il y a eu quelques (trop) rares étincelles à domicile, tels les scores fleuve contre Monaco et Lens. Mais il y a aussi eu ces sifflets récurrents à domicile, la lassitude de revoir certains stades pour la quatrième ou cinquième fois – voire plus !, la fatigue de conduire énormément, le dépit de faire tant de kilomètres pour qu'au final à peine deux joueurs et demi osent saluer leurs supporters de loin, les prises de tête que je ne détaillerai pas et l'inexistence à domicile... Et puis la mort d'un parisien, la répression, la dissolution de groupes de supporters, la mort de Paris, le sacre de marseille...

Mon seul espoir désormais demeure en la montée de Caen, Brest et Arles-Avignon (à la place de Le Mans, Boulogne/Mer et Grenoble). Un peu de sang neuf ! Et Metz reste en ligue 2 tandis que Strasbourg descend en national... Belle image de l'Est de la France...

Avant le début du match, résonne l'ode à Gaston Curbelo, d'une hypocrisie dingue. Curbelo, qui achève ce soir sa carrière de joueur sur les bancs de l'asnl, costumé, cravaté. Il n'aura joué que deux petits matchs de coupe cette saison et les mots du président, du speaker sont à gerber : « nous te remercions pour toutes ces années, tous ces matchs, bla bla bla... », « regardez la haie d'honneur des joueurs, comme c'est magnifique ! » Pff, tu parles, des joueurs (pour beaucoup) qui n'en ont rien à foutre des autres et qui pensent fric bien avant collectif. Je n'ai pas pu trouver la force d'applaudir.

Après ces lignes de colère, place au match. Nancy ouvre le score en fin de première période face à la tribune Schuth et ne saura pas saisir sa chance, une fois de plus. Valenciennes (beau parcage) égalise en seconde période. Et le match se termine à l'image d'une saison ratée à domicile : par un penalty non sifflé dans le temps additionnel qui énerve tout le monde, Hadji se prend un rouge, Correa est expulsé de son carré d'herbe et le public est en rogne et manifeste une fois de plus sa déception. Le feu d'artifice est anecdotique. Tout comme le suçage en bonne et due forme des spectateurs pour qu'ils se réabonnent la saison prochaine.

La fête, c'était avant et après le match, avec des retrouvailles jusqu'à pas d'heure et de jolies photos souvenir.

Quand je repars, je pense au hockey spinalien, à cette équipe qui a su sortir ses tripes pour assurer son maintien parmi l'élite malgré des difficultés grosses comme le massif vosgien. La destruction de l'ancienne patinoire vient de débuter... ça me fait un peu mal au cœur.