Désormais, lorsque l'on supporte Paris, la tendance c'est de se déplacer et, de préférence, hors de nos frontières. À domicile, plus rien de bon. Je n'y ai même pas remis les pieds pour le constater. Les couples avec enfants ont remplacé les ultras jeunes et célibataires ; les ballons de baudruche, les fumigènes ; le maquillage rouge et bleu, les satins. Et pour couronner le tout, l'équipe gagne beaucoup plus facilement cette saison.

Bref, Dortmund semble la destination idéale, suffisamment lointaine des cotillons aseptisés de la capitale.

Un mail reçu quelques jours plus tôt, envoyé à ceux qui ont commandé des places depuis la France : « soyez sages » pour résumer. Avec une petite précision : les IDS parisiennes seront également valables en Allemagne... Vive l'Europe.

Le lever est douloureux après le retour tardif de Lyon. Je m'habille, à quelques détails près, comme si j'allais faire du ski. Il faudra bien ça.

Nous devons retrouver Flo en ville mais une fois de plus, des complications sur la route nous obligent à aller directement au stade. Travaux, bouchons, limitations à 70 km/h, ça devient banal... tout comme le fait que le téléphone de Flo soit à cours de batterie... Alors, puisqu'on ne peut plus l'appeler, il faut passer par les SMS et l'incompréhension qui parfois en découle. Je crois que Flo nous attend dans le stade alors qu'il est resté à l'extérieur... Et je dis merci dans trois langues successivement, un peu perdue de me trouver confrontée à une vieille langue pour ainsi dire pas pratiquée depuis un bon paquet d'années.

Des dizaines de buvettes, des milliers de supporters, de l'allemand beaucoup, du français un peu, un stade vertigineusement haut... le dépaysement est au rendez-vous. Et peut-être encore plus une fois rentré : le kop est immense. L'ambiance va déchirer.

Flo nous retrouve de façon presque miraculeuse juste avant le coup d'envoi. Ses cheveux mériteraient un rendez-vous chez le coiffeur ; il s'est également habillé pour le ski. D'ailleurs, on y retourne quand ?

De la première période, il y a peu de choses à retenir. Des blocs de parisiens à plusieurs endroits du stade. Un cameraman se prend un ballon en pleine tronche : le fait du match ! Des chants, bien allemands, bien beaux. Et quelques chants parisiens.

En seconde période, j'ai envie que Dortmund marque un but, pour profiter de la clameur. C'est ce qu'il se passe mais sur penalty. Je suis un peu déçue. Ce n'est pas pareil que de vivre la construction et l'aboutissement d'une action. Paris égalise à la fin, un timide fumigène pour fêter ça. Encore quelques chants de part et d'autre, et c'est terminé. Comme annoncé au cours du match, certains blocs de parisiens devront attendre que le stade soit vide pour être relâchés.

Après, on mange des saucisses et de la bière, ça réchauffe un peu. J'apprends qu'on dépose Flo à Nancy (et oui, je tombe des nues).

Retour sans bouchons, achat de cigarettes au Luxembourg (et Flo ne savait même pas que ça valait le coup par rapport à la France !) et on lâche le Flo dans les rues glaciales et désertes de Nancy, il est à peu près 3h je crois.

Encore une heure de route avant les Vosges, coucher tardif pour lever matinal. J'ai une réunion à 10h, ça va être tendu.